La France investira 1,5 milliard d’euros (1,85 milliard de dollars) dans la recherche et le développement de l’intelligence artificielle (IA) jusqu’en 2022, a annoncé jeudi la présidence de l’Élysée.

Le président français Emmanuel Macron annoncera sa nouvelle stratégie d’IA à l’Institut de recherche du Collège de France à Paris plus tard jeudi.

Macron a dit qu’il ne veut pas que la France « rate le train de l’IA » en introduisant des mesures destinées à concurrencer les États-Unis et la Chine, les leaders mondiaux actuels de la technologie de l’IA. Il a également déclaré qu’il veut s’assurer que la France adopte des mesures éthiques pour réglementer l’industrie.

Les nouvelles propositions visent, en partie, à attirer davantage de chercheurs de haut niveau dans le pays. Des géants de la technologie, dont Samsung, Google et Fujitsu, ont déjà annoncé leur intention de créer de nouveaux centres d’IA en France.

Microsoft investit déjà dans l’IA française

Microsoft, qui s’est engagé à investir 30 millions de dollars en France, a ouvert la première école française d’IA à Paris au début du mois pour former des étudiants aux métiers du futur avec un cours gratuit de sept mois. L’école prévoit former 400 000 élèves au cours des trois prochaines années.

On espère que les investissements dans cette formation de haute technologie aideront à compenser les pertes d’emplois prévues dans le domaine de l’intelligence artificielle au cours des prochaines années. D’ici 2030, on prévoit que la plus grande partie du monde sera employée dans les nouvelles industries technologiques.

Vidéo : la France dévoile ses plans de relance de l’industrie de l’intelligence artificielle

Le gouvernement français se concentre sur une stratégie sur plusieurs fronts pour stimuler son industrie de l’IA en se concentrant sur quatre secteurs : la défense, la santé, les transports et l’environnement.

Les nouvelles propositions font suite à des mois d’entrevues avec des experts de l’IA dans le monde entier par le mathématicien vedette Cedric Villani, aujourd’hui législateur au sein du parti La République en marche (LREM) de Macron.

Le rapport Villani, présenté mercredi, appelle à doubler le salaire des jeunes chercheurs et ingénieurs et à tripler le nombre d’étudiants spécialisés en intelligence artificielle au cours des trois prochaines années.

Macron a organisé un dîner mercredi pour une douzaine de spécialistes de l’IA et de leaders de l’industrie, dont Yann LeCun, le Français basé à New York qui dirigeait jusqu’à récemment le laboratoire de recherche sur l’IA sur Facebook, et Demis Hassabis du britannique DeepMind – créateur du système AlphaGo qui a battu un joueur maître au jeu chinois « Go » en 2016 et qui ouvrira son premier centre de recherche européen en France.

« Une grande partie de la discussion a porté sur la meilleure façon d’accompagner les énormes changements rendus possibles par l’intelligence artificielle et leurs implications éthiques, et de s’assurer qu’ils sont bénéfiques pour l’humanité « , a déclaré Marie-Paule Cani, qui occupera la nouvelle chaire d’intelligence artificielle de Google, lors des échanges de la soirée.

Mais certains disent qu’il est peu probable que les nouvelles mesures soient suffisantes.

« En termes d’intelligence artificielle, la France a quelques points forts mais d’immenses faiblesses par rapport aux Etats-Unis et à la Chine », a déclaré Laurent Alexandre, expert en intelligence artificielle.

« Ils ont des kilomètres d’avance sur nous. »